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La femme du condamné: . Même mort, elle continuera à se battre pour lui, pour la vérité, les principes de justice humaine.
Mercredi, mars 24th, 2010Article du journal Le Monde 24 mars 2010.
Accusé d’un triple meurtre, Hank Skinner doit être exécuté mercredi 24 mars, au Texas. Sa femme française dénonce un procès bâclé
Houston (Texas) Envoyé spécial
Elle voudrait qu’on ne parle que de lui. Qu’on en oublie leur mariage, la relation intime de ce couple impossible, entre une documentariste française et un prisonnier texan croupissant dans les couloirs de la mort depuis quinze ans et qui n’en a plus que pour quelques heures. Elle voudrait qu’il ne reste que lui, Hank Skinner, matricule 99143, reconnu coupable d’un triple meurtre survenu en 1993 et qu’il dit n’avoir pas commis. Lui, cet ouvrier du bâtiment de 47 ans qu’elle n’a pu voir que derrière le Plexiglas d’un parloir, devenu un des personnages emblématiques du dysfonctionnement d’un système et aujourd’hui, plus que jamais, suspendu à un hypothétique sursis de dernière minute de la Cour suprême ou du gouverneur de l’Etat.
Assise dans un restaurant au bord d’une autoroute texane, Sandrine Ageorges est une femme de 49 ans, au visage hâve et à la puissance d’expression impressionnante. L’exécution de son mari a été fixée au mercredi 24 mars, en fin de journée. Elle n’en dort plus. Une première date avait été fixée pour le 24 février mais une cour d’appel a ordonné in extremis un report technique.
Là encore, elle était venue de France, ici même, la peur au ventre, installée une énième fois chez une amie à Houston, dans ce qu’elle appelle sa deuxième maison. A l’annonce du report, elle s’était dit être ” plus qu’heureuse ” mais n’a pu s’empêcher de penser que cette nouvelle agonie imposée à son homme était peut-être pire que la mort elle-même.
Elle sait de quoi elle parle. Sandrine Ageorges est une militante pour l’abolition de la peine de mort depuis plus de trente ans. Elle ne compte plus les cas qu’elle a suivis et défendus, les condamnés avec lesquels elle a entretenu une correspondance écrite ou téléphonique. Un engagement en forme d’obsession qui l’a saisie dès l’adolescence, en 1976 précisément, lorsqu’elle découvre à la télévision le portrait de Christian Ranucci, condamné à mort et guillotiné en France sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing. ” Je n’ai pas décoléré depuis “, lance-t-elle.
Après un passage à Amnesty International, à Londres, et la naissance d’une fille, elle devient directrice de production dans l’audiovisuel. En 1995, un ami l’encourage à lire un article dans Télérama consacré à l’association Lamp of Hope (la lampe de l’espoir), regroupant des condamnés à mort du Texas. Elle les contacte, décide de traduire la lettre trimestrielle qu’ils rédigent avec des militants locaux.
Sandrine Ageorges amorce une relation épistolaire avec trois détenus : Gene Hathorn, dont la sentence vient d’être commuée en peine de prison à perpétuité, après trente-trois ans passés dans les couloirs de la mort ; Robert Fratta, condamné à mort pour la deuxième fois au terme d’un second procès ouvert en 2009 ; et Hank Skinner.
A la lecture de sa première lettre, Sandrine Ageorges est bouleversée. ” Je ne suis pas tombée amoureuse. Je préfère dire qu’on s’est tout de suite trouvés. ” Il lui écrit des lettres longues, avec une fréquence soutenue. Elle suit le rythme. Pendant cinq ans, ils apprennent à se connaître. Elle, figure de proue du mouvement abolitionniste en France, lui, ce ” bohémien au caractère rebelle “.
Sur le plan juridique l’affaire Skinner présente d’emblée tous les éléments d’un mauvais thriller : un procès bâclé, une procédure entachée d’irrégularités, un avocat commis d’office, incompétent et corrompu. Hank Skinner a le profil du coupable idéal. Fort en gueule. Alcoolique. Et l’homme a déjà eu affaire à la justice pour de menus larcins lorsqu’au cours de cette nuit du 31 décembre 1993, la police retrouve, dans sa maison, le corps de sa compagne, la tête fracassée par des coups de manche de hache, et deux des enfants de celle-ci, tués à coup de couteau.
Il dit avoir passé la nuit chez lui, mais ne se souvient de rien. Ses habits sont tachés de sang. Il a une coupure à la main. Et une voisine l’accuse de l’avoir menacée, pour l’empêcher d’appeler le shérif.
Devant le tribunal, Hank Skinner a beau clamer son innocence, il est condamné à mort, en 1995, après deux heures de délibération. Depuis, d’autres avocats ont repris le dossier, des associations ont mené des contre-enquêtes. Une analyse toxicologique, réalisée par un expert du FBI, montre que Hank Skinner avait ingurgité, ce soir-là, suffisamment de vodka et de codéine pour avoir été incapable de tenir debout sans aide.
En 1997, la voisine retire son témoignage en affirmant avoir subi des pressions de la police pour incriminer Hank Skinner. Autres faits troublants, plusieurs éléments retrouvés sur les lieux des crimes n’ont jamais été analysés pour détecter d’éventuelles traces d’ADN qui pourraient l’innocenter. Pis, l’oncle de sa compagne, mort depuis, connu pour avoir un passé violent et qui avait harcelé sexuellement sa nièce durant ce réveillon, n’a jamais été interrogé.
Le temps presse. A ce jour, Sandrine Ageorges comptabilise huit requêtes en appel, toutes rejetées. Des années de procédures qui n’ont fait que rapprocher mécaniquement Hank, arrêt après arrêt, de son exécution. ” Une torture insoutenable “, lâche-t-elle.
Un jour, ils évoquent l’idée d’un mariage. ” Si tu as besoin de ça, lui dit-elle, on le fera. ” Il lui envoie sa demande, en juin 2008. La lettre à peine partie, le directeur de la prison interdit Sandrine Ageorges de visite. Le mariage aura lieu par procuration, à Houston, quatre mois plus tard, en présence d’un membre du consulat de France.
Elle n’en parlera pas. Ni les avocats de Hank ni les associations avec lesquelles elle milite ne seront prévenus. Surtout, elle affirme ne vouloir rien à avoir à faire avec ces femmes que l’on nomme les ” killer groupies “, ces groupies de tueurs, mariées à des hommes incarcérés.
Pour l’heure, elle dit encore tenir le coup et veut croire à une ultime intervention de la Cour suprême pour qu’elle ordonne enfin les expertises génétiques. Mercredi, elle n’assistera pas à l’exécution, si elle a lieu. Hank ne l’a pas mis sur la liste - ” pour me protéger “, souffle-t-elle. Elle attendra dehors, devant les hauts murs de la prison centrale de Huntsville, celle où l’on tue les condamnés à mort du Texas.
L’après ? Elle y pense. Elle sait qu’elle appellera une avocate de New York pour récupérer les pièces à conviction et réaliser ces fameux tests ADN. Même mort, elle continuera à se battre pour lui, pour la vérité, les principes de justice humaine. Et déranger encore.
Nicolas Bourcier
Témoignage de Bud Welch recueilli par le Courrier de l’ACAT
Lundi, mars 22nd, 2010Novembre 1999
Extraits.
« Ma fille unique, Julie, âgée de 23 ans, diplômée de l’université du Wisconsin en espagnol, venait juste d’avoir un travail de traductrice auprès des services de la sécurité sociale à Oklahoma City, où elle a été tuée le 19 avril 1995.
Toute ma vie j’ai été opposé à la peine de mort, comme l’étaient mes parents et mes grands-parents. Et je voudrais vous dire comment on peut passer d’un esprit de vengeance et de rage extrêmes à un esprit de réconciliation. En effet, pendant les 4 premières semaines qui ont suivi l’attentat d’Oklahoma City, les deux responsables de cet attentat, Tim Mc Veigh et Terry Nichols, ont été arrêtés et accusés. Au début, tout ce que je souhaitais, c’était de les voir disparaître ; je souhaitais leur mort.
Cela m’a pris encore huit mois pour commencer à reconsidérer mes émotions et à réaliser ce que la peine de mort aux Etats-Unis voulait dire. Que les accusés soient déclarés coupables, qu’ils soient exécutés, ne ramènerait jamais Julie. Je m’en suis rendu compte - et jamais aucune vengeance, jamais aucune haine ne pourront changer cette situation. C’est pour ces raisons - de vengeance et de haine contre l’Etat - que Julie et 168 autres personnes sont mortes dans cet attentat.
A la fin du mois de janvier 1996, j’étais personnellement très malade, malade physiquement, psychologiquement et mentalement. Et il a fallu que je me réconcilie avec moi-même. J’ai réalisé que je ne souhaitais pas la peine de mort - et à ce moment-là, une fois ce travail accompli, j’ai senti que, physiquement et mentalement, je commençais à cicatriser.
Environ deux ou trois semaines après l’attentat, j’ai vu Bill Mc Veight, le père de Tim, à la télévision. Une équipe de télévision s’était rendue chez lui, dans l’Etat de New York, dans la zone rurale où il habitait. Il était devant sa maison. Pendant deux brèves secondes, Bill s’est tourné vers l’objectif de la caméra. Et ce que j’ai vu dans ses yeux était une douleur… une douleur que la plupart des parents ne peuvent pas reconnaître, mais que moi j’ai reconnue parce que je la connaissais.
Au mois de septembre 1998, j’ai reçu un appel d’une religieuse d’une prison de l’ouest de New York qui me demandait de venir parler contre la peine de mort dans des universités, des écoles et autres. Après avoir parlé à la religieuse, nous avons pris rendez-vous pour que je me rende au domicile de Bill Mc Veight. Je dois dire que j’étais très tendu avant cette réunion. Je suis arrivé devant la maison, j’ai frappé à la porte, j’avais les genoux qui flageolaient, et il est arrivé. Pendant que j’étais à New York, on m’avait dit qu’il avait un jardin derrière sa maison dont il était très fier. J’ai donc parlé de cela. Etant donné que je viens d’une région agricole de l’Oklahoma, je me disais que nous pourrions peut-être trouver un terrain d’entente dans ce jardin. Après avoir passé une demi-heure dans le jardin, nous sommes entrés dans la maison, où nous avons trouvé la fille de Bill âgée de cinq ans, et il nous a présentés.
Nous nous sommes assis à la table de la cuisine, Bill était à ma gauche et Jennifer, la petite fille, en face. Sur le mur, il y avait une photo de famille sur laquelle on voyait très clairement Tim. Je regardais ce mur, je regardais cette photo et je me rendais compte qu’il se rendait compte que je regardais cette photo. Bill m’avait dit dans le jardin qu’il avait toujours eu de grandes difficultés à exprimer ses émotions, qu’il ne pleurait pas facilement. Au moment où je regardais la photo, Bill m’a dit qu’elle avait été prise le jour où Tim avait reçu son diplôme de fin d’études du lycée, et j’ai vu une larme couler sur sa joue. J’ai pu me rendre compte à ce moment-là combien ce père aimait profondément son fils. Nous avons ensuite continué notre conversation pendant plus de deux heures.
Je me suis rendu compte que Bill Mc Veight était un homme qui avait travaillé dur toute sa vie, comme moi. Il travaillait depuis 1936 pour General Motors, et moi, cela faisait trente-cinq ans que je travaillais dans ma station service. En fait, dans cette pièce, il y avait deux pères, deux pères qui avaient essayé de faire de leur mieux pour leurs enfants. Et puis, quelque chose était arrivé.
A la fin de cette visite, je me suis levé et j’ai tendu la main à Bill. Nous nous sommes serrés la main. La petite Jennifer a fait le tour de la table, je lui ai tendu la main, mais elle est venue vers moi et m’a attrapé par le cou. Je ne sais pas qui a commencé à pleurer le premier, je suppose que c’est moi. Et les pleurs sont devenus sanglots. Lorsque j’ai repris le contrôle de moi-même, je lui ai dit : « Ecoute ma chérie, c’est simple. Nous sommes trois ici, et nous avons un problème tous les trois pour le reste de notre vie. Mais, personnellement, je ne veux pas, je ne souhaite pas que ton frère meure et je ferai tout pour l’empêcher.
Je suis ensuite parti. J’ai fait le trajet entre New York, et Buffalo, et pendant tout le trajet je n’ai pas cessé de sangloter. Mais je me sentais tellement soulagé, tellement soulagé et tellement plus proche que jamais de Dieu, que j’aie eu l’impression que des tonnes de briques étaient tombées de mes épaules. Le fait que j’ai été en mesure de parler à la famille du coupable était une chose extraordinaire qui m’avait beaucoup soulagé. On m’a dit ensuite que, lorsque ses voisins ont entendu Bill, ils ont dit que sa voix était bien différente de celle qu’il avait eue pendant des années. »
Bud a conclu : « S’il vous plaît, aidez-nous à demander l’abolition de la peine de mort aux Etats-Unis. Je vous remercie beaucoup. »
G. Clerbaux
Des enfants, victimes indirectes de la peine de mort, se battent… Kids Against the Death Penalty (Texas, USA)
Lundi, mars 22nd, 2010Ils ont 12, 13 et 15 ans. Ils refusent un jugement inique qui fait de leur oncle un meurtrier, condamné à mort. Ils refusent d’être des victimes qui se taisent devant le meurtre planifié par l’État. Ils refusent la peine de mort, toujours et partout.
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Leur oncle Jeffrey Wood est dans le couloir de la mort au Texas. A-t-il tué ? Non. Il est condamné en vertu de « la loi des parties ». Selon cette loi, les personnes coupables d’avoir aidé un meurtrier peuvent être condamnées à mort tout comme lui. La « loi des parties » a été adoptée dans quelques États américains, mais seul le Texas l’applique jusqu’à la peine capitale.
Pourquoi donc Jeff Wood a-t-il été condamné à mort et risque-il l’exécution ?
En 1996, Jeff Wood faisait le guet pendant que son complice braquait une station-service. Durant le vol, ce complice a abattu le gérant. Alerté, Wood est entré dans la station et a aidé son associé à arracher la caméra de surveillance, à s’enfuir et à cacher l’arme du crime.
En 1998, les deux hommes ont été condamnés à mort. L’auteur du meurtre a déjà été exécuté en 2002. Jeff Wood est toujours dans une démarche de procédures.
Les neveux de Jeff Wood ont décidé de fonder leur propre association abolitionniste, Kids Against the Death Penalty, et collaborent à la plupart des associations abolitionnistes du Texas.
Leur témoignage montre à quel point les proches des condamnés à mort sont des victimes à part entière :
« Le 21 août 2008, nous étions à quelques heures de l’exécution de notre oncle. Heureusement, il a reçu un sursis pour des questions de compétence. Mais pouvez-vous imaginer dire adieu pour toujours à quelqu’un que vous aimez ?
Ma cousine Paige, la fille de Jeff, a tenté de se suicider parce qu’elle ne supportait pas la pression de perdre son père ni les insultes des gens qui la considéraient comme la fille d’un meurtrier – ce qu’il n’est pas. Mais, comme c’est la charge retenue contre lui, c’est comme cela que les gens l’appellent. Un meurtrier. Ma mère et ma tante Christine ont eu des dépressions et elles ont dû parler à des spécialistes. D’autres membres de la famille ont dû prendre des antidépresseurs et des tranquillisants parce que cela les a durement affectés. Cela a aussi affecté notre travail scolaire et notre vie sociale.
Mais ce qui m’énerve vraiment, c’est que je revois toujours ma mère pleurer et crier pour mon oncle quand il devait aller à l’exécution. C’est une image qui me hante. Mais la victimisation va plus loin et plus profondément que ces émotions. Des gens nous ont crié dessus et nous ont traités de « putes de prison » ou d’« abrutis gauchistes attendris ». Nous avons perdu des amis. Des gens ont essayé de nous écraser avec leur voiture quand nous manifestions. Ils criaient que nous devrions être dans le couloir de la mort avec le reste de la racaille. Des gens ont sorti leur pistolet devant nous. Nos parents ont perdu des emplois et des revenus. Certains d’entre nous ont dû déménager.
Oui, nous sommes aussi victimes de ce crime. »
Un crime commis par l’État…
G. Clerbaux
La voix des familles de condamnés… Bill BABITT, frère de Manny, exécuté en Californie (USA)
Lundi, mars 22nd, 2010La voix des familles de condamnés…
Bill BABITT, frère de Manny, exécuté en Californie (USA) ![]()
Manny, le frère de Bill Babitt, a été condamné à mort et exécuté par l’Etat de Californie en 1999 pour le meurtre d’une dame de 78 ans en 1980 : celle-ci était morte d’une crise cardiaque après qu’il ait fait irruption dans sa maison.
Manny Babitt avait effectué son service militaire au Vietnam dans le corps des Marines américains. A son retour, il va mal : on diagnostique une schizophrénie paranoïaque et un trouble de stress post-traumatique. Il ne reçoit aucune aide médicale ou psychiatrique. Son frère Bill et la femme de ce dernier décident de l’aider et l’hébergent. Pendant un temps, Manny semble aller mieux, puis la situation se dégrade. Bill comprend que son frère Manny est impliqué dans la mort de la vieille dame. Ce dernier va vraiment mal et Bill craint qu’il ne commette d’autres actes irréparables. Finalement, Bill se rend à la police, obtient de celle-ci l’assurance que son frère recevra toute l’aide médicale dont il a besoin. Son frère sera arrêté, jugé, condamné à mort et exécuté sous ses yeux.
A cause de l’incurie du système américain, Bill Babitt s’est retrouvé dans une situation impossible. Il dit lui-même qu’il lui faudra vivre toute sa vie en sachant qu’il a mené son frère à la mort alors que celui-ci aurait tout simplement dû être soigné.
Depuis Bill Babitt se fait la voix de la souffrance des familles d’exécutés, partout où il le peut. La peine de mort ne tue pas que le condamné : elle affecte profondément les membres de leur famille, les meurtrit, les blesse et les déchire.
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Bill Babbit et sa femme
L’histoire de Manny Babbitt est relatée dans l’ouvrage Capital Consequences et dans les documentaires And Then One Night, A Question of Justice et A Broken System.
Il est membre de l’ONG Murder Victims’ Families for Human Rights.
G. Clerbaux
Son fils de 10 ans a été assassiné… Du combat pour la peine de mort à la lutte en faveur de son abolition ROBERT CURLEY, Massachusetts (USA)
Lundi, mars 22nd, 2010Jeffrey, le fils de Robert Curley, âgé de 10 ans, a été assassiné en 1997 au Massachusetts (USA). ![]()
Deux hommes, membres d’une association américaine prônant les relations sexuelles entre hommes et jeunes garçons, ont volé le vélo de l’enfant, puis l’ont attiré dans leur voiture, sous prétexte de lui en donner un autre. L’un d’entre eux a agressé l’enfant sexuellement. Comme celui-ci se débattait, il l’a bâillonné avec un chiffon imbibé d’essence, tué et violenté ensuite.
Les deux hommes ont été condamnés à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle.
Après l’assassinat de son fils, Bob Curley a milité activement en faveur de la prévention de la violence sexuelle contre les enfants et aussi pour la réintroduction de la peine de mort au Massachusetts. Après un long débat dans un contexte particulièrement sensible, la peine de mort n’a pas été réintroduite, à une voix près.
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Lutter en faveur de la peine de mort, c’était une façon pour Bob Curley d’être fidèle à son fils. Mais lors de ce combat, il a été amené à rencontrer d’autres parents de victimes de meurtres qui refusaient la peine de mort : si dans un premier temps, beaucoup avaient souhaité viscéralement la mort de l’assassin de l’être aimé, ils s’étaient rendu compte que la mort de ce dernier ne leur apportait ni satisfaction, ni paix. Par contre, ils voulaient toute la clarté sur les faits, la justice (et non la vengeance) et la réparation.
Bob Curley, ébranlé, s’est mis à douter. Le chemin a été long et douloureux entre ses certitudes premières, ses doutes, son refus informulé de la peine capitale et finalement son engagement contre la peine de mort. En 2007, 10 ans après l’assassinat de son fils, il a témoigné devant les législateurs du Massachusetts contre la réintroduction de la peine de mort.
Un homme dont l’humanité force le respect…
L’histoire de Bob Curley est racontée dans le livre, The Ride: A Shocking Murder and a Bereaved Father’s Journey from Rage to Redemption, du journaliste Brian Macquarrie.
Robert Curley est membre de Murder Victims’ Families for Human Rights.
G. Clerbaux